Indian Standard Time

L’experience

Il me semble que les Hindous prennent en considération un temps plus long que le nôtre. Pour eux, la vie humaine est un cycle (réincarnation), de même que l’univers : il est crée par Brahma, maintenu par Vishnou, puis détruit par Shiva. Ce cycle se répète infiniment : il n’a ni début, ni fin. Comme cela avait été évoqué une fois, en cours, cela veut dire qu’un jour dans la vie humaine n’est rien dans l’océan temporel de l’univers.
C’est peut-être pour cette raison que j’ai constaté que les Indiens sont souvent en retard, et qu’ils prennent beaucoup de temps à réaliser une tâche précise. Par exemple, je devais régulièrement aller à la poste pour envoyer des documents officiels, parce qu’étrangement, les femmes ont le droit de couper la queue, et sur
les nombreux guichets disponibles pour envoyer le courrier, un seul était ouvert, ce qui avait bien sûr pour conséquence de créer une immense file d’attente.
Un jour, après être péniblement enfin arrivée au guichet, l’homme censé traiter le courrier était assis dans son siège et sirotait son thé en nous regardant droit dans les yeux pendant quinze minutes. Les Indiens autour de moi étaient également énervés, je n’étais pas la seule ! J’ai d’ailleurs un ami, immigré d’Inde, qui en est parti parce que ça lui pesait cette lenteur. Face à l’attente ou la comparaison avec des fonctionnements d’ailleurs, il y a tout de même certains Indiens qui explosent.
Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres mais dans l’ensemble, pour obtenir quelque chose, en particulier de la part de l’administration, mieux vaut ne pas être pressé et prendre son mal en patience.
Cette tendance au retard systématique fait d’ailleurs l’objet de nombreuses plaisanteries, on parle de l’Indian Standard Time (IST). En réalité, l’IST correspond au décalage de +5h30 par rapport à l’heure GMT, 5h + 30 minutes… Marrant, non ? Ils ne voulaient qu’un seul fuseau horaire pour tout le pays alors, ils ont coupé l’heure en deux!
Jodhpur, Inde, septembre 2014-juin 2015

Qui raconte

Camille, (Française), Dans le cadre de ses études en politiques publiques, Camille effectue un stage dans une ONG qui promeut l’émancipation (faute d’un mot plus juste comme empowerment en anglais) des femmes. En plus d’un boss complexe, elle souffre, voire s’agace, du rapport au temps étendu dont bénéficient les Hindous.

T'en penses quoi?

2018-06-13T23:13:20+00:00