C’est notre bouteille

L’experience

« J’ai été invitée au déjeuner d’anniversaire d’une connaissance australienne. A part moi, les convives étaient tous australiens. Première surprise : l’anniversaire ne se passait pas chez quelqu’un mais dans un restaurant. Arrivée en retard, je remarque qu’autour de la table certains convives boivent du vin. Je tends donc mon verre à la personne la plus proche de la bouteille en lui demandant de m’en servir un peu. Ce qu’elle fait. A la fin du repas, l’addition passe de mains en mains, chacun calculant ce qu’il doit payer en fonction de ce qu’il a mangé et bu. Lorsqu’elle arrive à moi je demande : « et pour le vin, on partage ? »

Je m’entends répondre d’un ton froid : « Non, c’était notre bouteille ». Je me suis sentie extrêmement gênée… et perdue. J’avais de toute évidence commis un impair mais lequel?

Ce n’est que lors des repas suivants que j’ai compris. Au début du repas, les personnes voulant boire du vin se signalent. Elles prennent alors une bouteille qu’elles partageront (consommation et paiement). Chaque bouteille commandée est associée à un groupe fixe de consommateurs. Si une tierce personne veut se joindre à un groupe, elle doit demander clairement : “puis-je partager la bouteille avec vous ?”. Si le groupe donne son accord elle pourra boire le vin et en partagera aussi les frais. Mais le groupe peut aussi refuser s’il estime qu’il y a déjà assez de buveurs pour la bouteille… »

Lieu Papouasie Nouvelle Guinée

Date 2015

Qui raconte

Yona a vécu la plus grande partie de sa vie en expatriation: enfant avec ses parents expatriés au Gabon, à Djibouti et au Bénin, puis adulte avec son mari et ses enfants en Angola, en Papouasie Nouvelle Guinée et au Brésil.

T'en penses quoi?

2019-03-27T14:02:40+02:00